Le match de la peur, ou presque. Avec zéro point au compteur et quatre buts encaissés pour un seul inscrit, l'AS Nancy-Lorraine savait qu'elle était dans l'obligation de l'emporter face à Rennes. Le Stade Rennais, européen, qui n'avait pourtant pas bien démarré non plus sa saison, avec trois revers pour une seule victoire, le week-end passé contre Marseille (3-2). Autant dire que le scénario était à la fois indécis, mais prometteur pour une rencontre forcément engagée entre deux formations ne pouvant se contenter d'un partage des points. Mais Rennes, pas verni lors de son dernier déplacement en Lorraine, ne pouvait pas faire grand-chose pour endiguer la progression d'une formation meurthe-et-mosellane volontaire et déchaînée.
Kroupi et Kim brillent
Dès la deuxième minute, Eli Kroupi, de retour après une suspension de trois matches, était tout près de tromper Isaksson sur un coup franc de Gavanon prolongé de la tête par Puygrenier pour celle de l'ancien Lorientais qui butait sur le portier suédois. Ce n'était en fait que partie remise pour les Lorrains, qui allaient éc½urer le malheureux dernier rempart visiteur. Kroupi, sur un centre de Kim de la droite, trompait le Scandinave d'une reprise peu académique, mais efficace (1-0, 15e). Alain Rochat, latéral gauche de la défense rennaise, ne se doutait pas encore qu'il allait, lui aussi passer une soirée cauchemardesque. Étouffé par les montées assassines du défenseur droit adverse Adailton, le Suisse allait concéder un nouveau coup franc sur lequel Gavanon trouvait le crâne chauve de son coéquipier ivoirien (2-0, 30e).
Et les locaux ne s'arrêtaient pas là. Cinq minutes après, le virevoltant attaquant brésilien de Nancy, Kim, très en verve depuis le coup d'envoi, adressait un nouveau centre pour son nouveau compère mais Rochat, décidément bien malheureux, déviait le cuir dans ses propres filets (3-0, 35e). Totalement étouffés, les visiteurs ne parvenaient pas à reprendre leurs esprits, malgré le changement tactique opéré par Laszlo Bölöni qui lançait Perrier-Doumbé en lieu et place de Rochat. Mais ce remaniement ne changeait pas grand-chose puisque dans le temps additionnel, Pape Diakhaté enfonçait le clou sur une action semblable à celle qui avait ouvert le bal (4-0, 45e+3). Côté rennais, Monterrubio avait tenté de réagir sur un contrôle de la poitrine et une frappe enchaînée qui passait au-dessus des buts de Bracigliano (34e). Toutefois, c'est avec un retard de quatre unités au tableau d'affichage que les Rennais rentraient aux vestiaires.
Rennes touche le fond
De retour sur le pré, les visiteurs tentaient, timidement, de prendre le jeu à leur compte. Mais les Nancéiens, déchaînés, ne leur en laissaient guère l'occasion. Pire, ils allaient enfoncer la tête de Rennais déjà au fond du trou. Grâce aux exploits de ses attaquants Kim et Kroupi. Le premier se jouait de trois adversaires dans la surface de réparation rennaise et venait s'écrouler dans la surface de but de Isaksson. M. Lannoy désignait le point de penalty après un temps de réflexion et Eli Kroupi, en pleine forme pour son retour, ajoutait une cinquième unité à son équipe en prenant le géant suédois à contre-pied (5-0, 71e). Pour l'anecdote, cette réalisation permettait aux promus d'obtenir une différence de buts positive.
Laquelle allait bientôt se creuser davantage, lorsque Puygrenier s'élevait plus haut que la charnière centrale adverse pour tromper Isaksson de la tête (6-0, 85e). Asphyxié par les trois défenseurs axiaux du cru, Alexander Frei ne pouvait rien faire pour tenter de sauver l'honneur de son club. Au coup de sifflet final, les protégés de Jacques Rousselot pouvaient exulter : en une soirée, ils décollaient de leur dernière place et soignaient leur différence de but, avant un déplacement périlleux à Ajaccio. Les hommes de Laszlo Bölöni, au contraire, pouvaient quitter la pelouse la tête basse. De nouveau relégables, ils tenteront de confirmer leur premier succès décroché la semaine passée devant Marseille.